Guide ISO 27001 · Clause 6
6.1.2 — Appréciation des risques de sécurité
La sous-clause 6.1.2 d’ISO 27001:2022 exige un processus d’appréciation des risques cohérent et reproductible. Ce qu’elle attend et les preuves à l’audit.
Par Sentrix · Publié le 2026-07-16
L’exigence qui transforme le « on pense être sécurisés » en une réponse défendable et reproductible à « qu’est-ce qui pourrait mal aller, et à quel point ».
En langage clair
La sous-clause 6.1.2 exige que vous définissiez et appliquiez une méthode cohérente pour identifier vos risques de sécurité, estimer leur gravité et leur probabilité, puis les hiérarchiser. Le mot-clé est reproductible : deux personnes appliquant votre méthode aux mêmes informations doivent arriver à des résultats comparables.
Pourquoi cette exigence existe
On ne peut pas protéger ce qu’on n’a pas identifié. Cette exigence garantit que vos décisions de sécurité reposent sur une évaluation structurée plutôt que sur l’intuition ou la dernière mode technologique. Elle impose aussi la cohérence dans le temps : sans méthode définie, chaque réévaluation donnerait des résultats différents et ininterprétables.
Scénario : une entreprise investit massivement dans un pare-feu haut de gamme parce que « c’est ce qui se fait », mais n’a jamais évalué ses risques. Résultat : son vrai point faible — des sauvegardes jamais testées et des accès partagés — reste ignoré, jusqu’au jour où un rançongiciel frappe. Une appréciation des risques aurait fait remonter ces priorités.
Ce que la norme attend
La norme demande d’établir et de maintenir des critères de risque, puis d’appliquer un processus qui produit des résultats cohérents et reproductibles. Concrètement, elle attend que vous fassiez cinq choses : définir vos critères d’acceptation du risque et vos critères pour réaliser les appréciations ; identifier les risques qui menacent la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité de vos informations dans le périmètre du SGSI ; désigner des propriétaires de risque responsables de chacun ; analyser chaque risque en estimant ses conséquences potentielles et sa vraisemblance ; puis évaluer les résultats en les comparant à vos critères pour établir des priorités de traitement. Vous êtes libre de la méthode (par actif, par scénario, qualitative ou quantitative), tant qu’elle est définie et appliquée de façon constante.
En pratique
- Choisir une approche : par scénario (« un employé perd un portable non chiffré ») ou par actif (« base de données clients »). L’approche par scénario est souvent plus parlante pour une PME.
- Définir une échelle simple : par exemple une cotation de 1 à 5 pour l’impact et de 1 à 5 pour la probabilité, dont le produit donne un niveau de risque.
- Fixer le seuil d’acceptation : au-delà de quel niveau un risque doit-il obligatoirement être traité ? Ce seuil est une décision de la direction.
- Tenir un registre des risques : un tableau listant chaque risque, son propriétaire, son impact, sa probabilité, son niveau et le traitement prévu.
- Nommer des propriétaires de risque : une personne responsable par risque — pas « le service TI » en général, mais un rôle identifiable.
Preuves que l’auditeur demandera
- La méthodologie d’appréciation des risques documentée (critères, échelles, seuil d’acceptation).
- Le registre des risques renseigné, avec propriétaires, niveaux et priorités.
- La preuve que la méthode a été réellement appliquée (dates, participants, données source).
- La cohérence entre les risques identifiés et le périmètre du SGSI défini à la clause 4.
- La traçabilité vers le traitement (6.1.3) : chaque risque significatif doit trouver une suite.
Pièges courants
- Une méthode implicite : faire l’exercice « dans sa tête » sans documenter critères ni échelles — impossible à reproduire, donc non conforme.
- Un registre figé : une appréciation faite une fois puis jamais revue, alors que les risques évoluent.
- Des propriétaires fantômes : attribuer les risques à un service entier plutôt qu’à une personne responsable.
- Copier un registre générique : reprendre une liste de risques type sans l’ancrer dans vos actifs et votre contexte réels.
- Confondre appréciation et traitement : lister les risques (6.1.2) et décider des mesures (6.1.3) sont deux étapes distinctes ; les mélanger brouille la logique.
Exigences liées
- 6.1.1 Généralités — le cadre général des actions face aux risques et opportunités.
- 6.1.3 Traitement des risques — l’étape suivante : décider quoi faire des risques appréciés et produire la SoA.
- 4.3 Périmètre du SGSI — l’appréciation ne porte que sur le périmètre défini ici.
- 8.2 Appréciation des risques (opérationnel) — la mise en œuvre récurrente de ce même processus.
- Clause parente : 6.1 Actions face aux risques et opportunités
Correspondance 2013 → 2022
| Version 2022 | Version 2013 | Nature du changement |
|---|---|---|
| 6.1.2 Appréciation des risques | 6.1.2 Appréciation des risques | Exigence stable ; formulation quasi inchangée |
Sources
Questions fréquentes
- Quelle méthode d’appréciation des risques faut-il utiliser ?
- La norme n’en impose aucune. Vous pouvez choisir une approche qualitative ou quantitative, par actif (« base de données clients ») ou par scénario (« un employé perd un portable non chiffré ») — l’approche par scénario est souvent plus parlante pour une PME. L’essentiel est qu’elle soit définie, documentée et appliquée de manière cohérente et reproductible.
- Faut-il un logiciel dédié ?
- Non. Un tableur bien structuré suffit pour beaucoup de PME : un registre listant chaque risque, son propriétaire, son impact, sa probabilité, son niveau et le traitement prévu. Un outil dédié devient utile quand le nombre de risques et d’actifs augmente, mais il n’est pas exigé par la norme — ce qui compte est la méthode documentée et la preuve qu’elle a été appliquée.
- À quelle fréquence réviser l’appréciation des risques ?
- La norme demande de la maintenir à jour. En pratique, on la révise au moins une fois par an et à chaque changement significatif (nouveau système, nouveau service, incident majeur, évolution du périmètre). Un registre figé — une appréciation faite une fois puis jamais revue, alors que les risques évoluent — est l’un des pièges les plus fréquents relevés à l’audit.
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Parlons de votre programme de conformité.
Dernière mise à jour : 2026-09-17
